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Premières neiges à Saint-Pétersbourg
Ancienne capitale des Tsars, Saint-Pétersbourg n’a pas trahi le rêve de son constructeur. Elle demeure un pont entre culture européenne et âme slave.
Destination touristique à la mode pendant l’été, l’ancienne Leningrad n’est jamais aussi belle, ni aussi authentique qu’après les premières chutes de neige. Utilisées comme promenade par les
Pétersbourgeois, les dizaines de canaux gelés se ponctuent de piscines creusées à la scie par des baigneurs pour profiter des vertus revigorantes de l’eau glaciale. Sur leurs berges, les édifices
baroques du centre vêtu d’un manteau de flocons laissent ressortir des façades éclatantes rénovées pour le jubilé de 2003.
Au vu de la richesse de son patrimoine culturel, architectural et historique, on a peine à imaginer que, il a seulement trois siècles, la région où s’élève aujourd’hui l’Ermitage n’abritait
qu’une faune clairsemée adaptée au climat hostile d’une plaine marécageuse. Le tsar Pierre le Grand décide en 1703 d’y ériger une métropole qui remplacera Moscou en tant que capitale impériale,
car il veut que sa ville possède un port tourné vers l’Europe. Il fait venir les meilleurs architectes d’Italie, de Suisse et de France, impose des conditions de travail terribles à des millions
de ses sujets et sort du néant une cité extraordinaire en moins d’une décennie.
Baptisée Petersburg, en l’honneur de son géniteur, la ville change plusieurs fois de nom en fonction de l’actualité politique. Pendant la Première Guerre Mondiale, elle se russifie en Petrograd,
devient Leningrad après la Révolution d’Octobre et retrouve son patronyme original en 1991. Mais ces changements d’identité n’ont jamais diminué son aura de «Venise du Nord».
Perspective Nevski, la plus belle avenue du
monde
Le long de cette avenue de quatre kilomètres et demi bat le cœur de la ville de Pierre le Grand. Baptisée du nom d’un héros national russe, elle voit s’épanouir sur ses flancs toute la vie
culturelle, économique et festive de la cité. Bibliothèques, églises, palais et musées côtoient bars branchés et boutiques clinquantes. Une série de ponts soigneusement ouvragés confirment que
Pétersbourg, construite sur un marécage, revendique le titre de Venise du nord. Rénovée de fond en comble pour le tricentenaire de 2003, elle se veut le symbole d’une Russie moderne et prospère.
Seuls quelques indices, telle cette plaque des années 1940 qui indique aux passants que les bombardements sont moins violents de l’autre côté de la rue, rappellent les heures sombres qu’a connues
la ville.
Le trésor caché de l’Ermitage
Ancien palais impérial, l’Ermitage possède des collections d’art hors du commun. Le millier de salles de ce bâtiment édifié par le tsar Pierre le Grand ne permettent d’en exposer qu’un cinquième.
Courant d’un chef d’œuvre à l’autre, les visiteurs négligent souvent de visiter le trésor du musée. Peu connu du public, cette section regroupe pourtant les plus belles pièces d’orfèvrerie que
l’Humanité n’ait jamais forgées.
La petite eau, un lien social
Traduction littérale du mot vodka, la petite eau joue un rôle primordial dans la culture russe. Présente à toutes les occasions, cette boisson traditionnelle se consomme en suivant des rituels
précis. Conservée au réfrigérateur, elle se boit glacée, cul-sec, en bonne compagnie et toujours suivie de zakouskis. Ces amuse-gueules à base de cornichons, de poisson ou de petites crêpes
permettent, selon la tradition, de limiter les effets de l’alcool.
Boussole
Comment y aller ?
Depuis la Suisse, il faut près de quatre heures de vol ainsi qu’un visa en bonne et due forme pour pouvoir visiter Saint-Pétersbourg.
A quelle époque ?
En été, des hordes de touristes profitent de l’éternelle clarté des nuits blanches. En hiver, on découvre la véritable atmosphère pétersbourgeoise
ainsi que le climat polaire.
Où se loger ?
Chez l’habitant pour découvrir la chaleur de l’accueil russe, les coutumes locales et ne pas gaspiller des sommes exorbitantes dans les hôtels de la
ville.
Cet article est paru dans le 20 Minutes (édition suisse) du 6 novembre 2008.
Par Alexandre Truffer
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Cordoue, le choc des cultures
Plusieurs siècles d’affrontements entre islam et chrétienté ont façonné l’extraordinaire patrimoine de la ville.
Petite bourgade tranquille du sud de l’Espagne, Cordoue vit aujourd’hui dans l’ombre de sa grande sœur andalouse, Séville. Mais, au Xème siècle, la cité appelée alors Kurtoba était l’une des plus
grandes villes occidentales et rivalisait de puissance avec Bagdad, l’autre grande métropole musulmane. Chef-lieu d’une province romaine, puis occupée successivement par les Vandales et les
Wisigoths, Cordoba fut conquise en 711 par les armées arabes et devint la capitale de l’un des royaumes créé par les nouveaux maîtres de la Péninsule Ibérique.
Au temps de sa splendeur, la cité aurait compté jusqu’à mille mosquées et près de six cents hammams. Centre administratif et militaire, elle développe également un artisanat important. Livres,
textiles et surtout travail du cuir contribuent à la gloire de la ville. Souvenir de cette prospérité, le mot cordonnier signifiait à l’origine «qui travaille le cuir de Cordoue». Mais la
perle de cette époque reste la grande mosquée qui nécessita deux siècles de travaux et se termina peu avant l’an mil.
Le millénaire marque le début de la décadence du règne musulman sur Cordoue qui s’achève en 1236 avec la prise de la ville par les espagnols. Transformés en églises, les édifices religieux ne
sont pas détruits. Conservant le style arabo-musulman des merveilles architecturales du passé, les souverains castillans ont créé une architecture métissée où transparaissent également des
éléments romains et hébraïques. Ce mélange unique a permis à Cordoue d’entrer en 1984 dans le club fermé des villes inscrites au Patrimoine Mondial de l’Humanité.
L’Andalou, cheval de légende
Considéré par de nombreux cavaliers comme le plus élégant des équidés, le cheval andalou est né du croisement entre les petits chevaux arabes amenés par les Maures et les races ibériques
indigènes. Au XVème siècle, des moines Chartreux se lancent dans l’élevage de l’Andalou et pratiquent une sélection qui donne naissance à un animal renommé dans toute l’Europe pour son élégance
et sa grâce. Cheval de dressage, il sert aussi de destrier pour les cavaleries militaires. Il connaît plusieurs périodes creuses durant lesquelles il manque de disparaître, mais les Chartreux lui
demeurent toujours fidèles et empêchent sa disparition. Redevenu très populaire grâce aux spectacles équestres, il a retrouvé son rang mais a perdu son nom traditionnel puisque les connaisseurs
le nomment désormais PRE qui signifie « pure race espagnole ».
Les moulins du Guadalquivir
La présence de ce fleuve au nom enchanteur n’a pas toujours porté chance aux habitants de Cordoue. En 858, un chef Viking le remonte avec ses drakkars et pille la ville. Mais les eaux du
Guadalquivir ont aussi fourni une énergie gratuite pour les moulins qui constituent des buts de promenades très appréciés. Celui de Alboafia remonte au IXème siècle. Il possède une gigantesque
roue à aube en bois appelée noria et figure sur l’écusson de la ville depuis 600 ans.
Ballades dans la Sierra
La vallée montagneuse qui entoure Cordoue est habitée depuis trois millénaires. Aqueducs romains, palais d’été des princes musulmans, mines désaffectées et complexes archéologiques fourmillent
aux abords de la ville. La municipalité a crée cinq routes qui, en partant de la ville, permettent de découvrir ces vestiges tout en profitant des panoramas superbes ainsi que de la biodiversité
qu’offrent les forêts de la Sierra de Cordoba.
Boussole
Comment y aller?
Cordoue étant une petite ville, la plupart des voyageurs –qu’ils aient choisi le train ou l’avion- transitent par Séville.
A quelle époque?
Le mois de mai s’ouvre sur le festival des Patios qui voit ces cours décorées de myriades de plantes servir de décor à une multitude de spectacles folkloriques.
www.cordobaturismo.es
Où se loger?
A l’hospederia Duque San Martin, un hôtel chaleureux, coloré et confortable en plein centre de la vieille ville.
Cet article est paru dans le 20 Minutes (édition suisse) du 6 novembre 2008.
Par Alexandre Truffer
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Aux
sources de Budapest
Seule station thermale à être la capitale d’un état, Budapest compte plus d’une cinquantaine d’établissements de bains.
Sous les pavés de la cité jaillissent quelques 120 sources différentes dont la température oscille entre vingt et quatre-vingts degrés. Cette ressource naturelle est exploitée par les habitants
depuis deux millénaires. Les premiers à construire des thermes pour exploiter les vertus curatives et relaxantes des eaux furent les Romains au début de notre ère. Si ces structures ne perdurent
aujourd’hui plus que sous forme de ruines, Budapest abrite des bains en activité qui datent du XVIème siècle alors que les Turcs contrôlaient la région.
La fin du XIXème siècle a vu l’arrivée des premiers touristes désireux de profiter des bienfaits –cutanés, digestifs, cardio-vasculaires ou rhumatismaux- des sources hongroises. Cet afflux de
visiteurs étrangers a encouragé les architectes de l’époque aux audaces les plus folles. Toujours en activité, ces complexes qui abritent parfois une quinzaine de bassins valent une visite pour
la richesse de leur décoration intérieure. Fresques, mosaïques, ex-voto en souvenir de guérisons quasi miraculeuses créent une atmosphère unique au monde.
Mais l’eau à Budapest ne se limite pas aux sources. La ville, surnommé la « Perle du Danube » est divisée par ce fleuve majestueux. A l’origine, deux bourgades, Buda et Pest se
faisaient face. A force de grandir, elles ont uni leurs destinées jusqu’à devenir la métropole actuelle. Symboles de cette alliance, les ponts reliant les deux rives n’ont pas qu’un rôle
pratique. Elégants, baroques ou massifs, chacun d’eux exprime l’état d’esprit de l’époque qui l’a érigé.
Du peu banal sur piédestal
La riche histoire de Budapest a doté la ville d’une kyrielle de monuments. Mais, en plus des palais, églises, synagogues et amphithéâtres, la capitale hongroise doit sa renommée à l’originalité
de ses statues. La plus courue est celle d’Anonymus dans le parc du château Vajdahunyad. Représentant un chroniqueur médiéval inconnu et oublié, cette œuvre attire de nombreux étudiants, car la
légende veut que toucher la plume d’oie qu’il tient à la main permette de réussir ses études. Dans un style différent, le Parc Szobor, ou Memento Park, rend gloire à la statuaire prônée par le
réalisme socialiste. Alors que l’arrivée de la démocratie a poussé d’autres peuples à détruire les bronze monumentaux des grands dirigeants soviétiques, les Hongrois ont simplement déplacé ces
colosses allégoriques dans un parc à quelques kilomètres du centre.
La maison de la terreur
Au soixante de la rue Andrassy, un bâtiment imposant abrite la mémoire des victimes des régimes totalitaires du XXème siècle. Cet immeuble n’a pas été choisi au hasard, puisque, de 1944 à 1956,
il a successivement abrité le quartier général du parti nazi hongrois et la police politique communiste. Transformé en musée depuis peu, il offre un panorama terrifiant et fort bien documenté des
méfaits de la terreur d’état.
www.terrorhaza.hu
La meilleure cuisine d’Europe de l’est
Originale et diversifiée, la cuisine hongroise combine des spécialités d’origine slave, hébraïque, ottomane et européenne. La goulache, le plus célèbre plat traditionnel, a acquis une renommée
internationale, tout comme les vins ceux provenant de la région de Tokay. Mais peu de gens savent que le pays produit d’importantes quantités de foie gras, délicatesse inscrite au menu de presque
tous les restaurants de la capitale.
Boussole
Comment y aller ?
Compter une vingtaine d’heures de train depuis Genève et moins de deux heures d’avion de Bâle, Cointrin ou Kloten.
A quelle époque ?
En hiver, la neige accentue les couleurs de la cité et double le plaisir ressenti en se plongeant dans les chaudes eaux de cette ville thermale.
Où séjourner ?
A l’Art’otel, un établissement branché qui fait aussi galerie d’art puisque tout les fournitures créées par des artistes contemporain sont à vendre et à emporter.
Cet article est paru dans le 20 Minutes (édition suisse) du 9 octobre 2008.
Par Alexandre Truffer
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Vendredi 26 septembre 2008
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Munich, pour se gorger de culture
Pas besoin d’apprécier la bière pour venir se rassasier dans la capitale de la Bavière. Munich a de quoi contenter les assoiffés de culture, d’architecture ou d’histoire.
«Munich est lovée entre art et bière comme un village entre deux collines», cette citation d’un poète allemand du XIXème siècle n’a pas pris une ride. A côté de l’Oktoberfest, qui attire chaque
automne des dizaines de milliers de visiteurs du monde entier, la ville draine toute l’année une clientèle touristique fascinée par les richesses culturelles de la cité bavaroise.
Fondée au Moyen-Âge, Munich sort de l’anonymat après l’époque napoléonienne lorsqu’elle devient le centre politique de la Bavière. Devenue capitale, la bourgade s’agrandit très vite et s’enrichit
de nombreux édifices et monuments de style classique. Un intérêt sincère pour la nature a poussé ses souverains à parsemer Munich de fontaines –plus de 1200- et de parcs gigantesques.
Côté musée, Munich abrite de telles collections de peinture qu’elle n’a pas un, mais trois, grands musées mondiaux. L’Alte Pinakothek renferme les chefs d’œuvre de l’art pictural européen jusqu’à
la fin du XVIII. La Neue Pinakhotek expose les toiles des grands maîtres du siècle suivant. Quand à la Pinakhotek der Moderne, elle se concentre sur les artistes contemporains. Si Rubens, Goya ou
Picasso, ne constituent pas votre tasse de thé, le Deutsches Museum, dédié aux sciences et à la technique, se fera un plaisir de vous ajouter au million et demi de ses visiteurs annuels. Enfin,
moins couru mais très original, le Musée de la Chasse et de la Pêche possède la plus grande collection de hameçon répertoriée ainsi qu’une salle consacrée au Wolpertinger, le dahu local.
Au cœur des heures sombres de l’histoire
Ville avenante, festive et dynamique, Munich n’a pas été épargnée par les tragédies au fil des siècles. En 1634, elle est ainsi touchée par une grande épidémie de peste qui emporte les deux tiers
de sa population. Dans la première partie du XXème siècle, elle connaît une période révolutionnaire tourmentée pendant laquelle se créent nombre de mouvements extrémistes dont le NSDAP ou parti
nazi. Dès son arrivée au pouvoir, le régime hitlérien créé dans la banlieue de la ville le premier camp de concentration. En 1972, la cité accueille les Jeux Olympiques d’été. Neuf athlètes
israéliens sont tués durant une prise d’otages orchestrée par des terroristes palestiniens. Depuis lors, la ville n’a plus connu de drame similaire mais a inauguré plusieurs édifices commémorant
les moments chaotiques dont elle a été témoin.
Boussole
Comment y aller?
En train, il faut compter six heures de train depuis Bâle. En avion, le trajet ne dure qu’une soixantaine de minutes depuis l’un des aéroports helvétiques.
A quelle époque ?
En octobre, si l’on aime la bière. En juillet, si l’on aime l’opéra. Tout le reste de l’année pour musarder dans les musées de la ville.
Où se loger ?
Au Jeager’s Hostel, un bon rapport qualité-prix proche de la gare, du cœur historique et de tous les principaux centres d’intérêt de la ville.
Cet article est paru dans le 20 Minutes (édition suisse) du 25 septembre 2008.
Par Alexandre Truffer
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Mercredi 17 septembre 2008
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Les dents du fleuve
La plus grande zone humide du monde permet de côtoyer caïmans, piranhas et anacondas dans leur élément naturel.
D’une surface de 200'000 kilomètres carrés, le Pantanal forme une entité géographique gigantesque articulée autour du fleuve Paraguay. Sa surface presque plate rend impossible l’évacuation des
pluies diluviennes de la saison humide. La région devient donc un immense marais pendant près de six mois. Comme toutes les crues, ces brusques élévations des eaux fertilisent les terres en leur
apportant le limon qui, d’ordinaire suit le lit des rivières. On trouve donc une activité humaine importante dans ces régions à première vue inhospitalières.
En 2000, l’Unesco a inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité une partie du Pantanal, reconnaissant ainsi l’originalité de son écosystème. Flore et faune doivent en effet s’adapter à un
environnement qui, chaque six mois, se modifie du tout au tout. Les arbres ont ainsi la capacité de survivre un semestre les pieds dans l’eau. Ils supportent une énorme variété d’oiseaux attirée
par les myriades d’insectes.
Toutefois, les principales attractions du Pantanal sont des animaux peu engageants qui se plaisent dans les méandres du Paraguay. Caïmans et piranhas pullulent dans les eaux tranquilles des
rivières. Or, contrairement aux idées reçues tenaces, ils ne représentent pas un danger pour l’homme. On peut donc, et c’est même devenu un incontournable pour les touristes en visite, se baigner
en compagnie de ces animaux aux dents acérées. Quand aux anacondas, ils préfèrent les paisibles eaux peu profondes. La capture d’un de ces serpents géants –juste le temps d’une photo- constitue
un autre moment fort d’une excursion au Pantanal.
Un biotope créé
par la lenteur du Río Paraguay
La rivière Paraguay fait partie des principaux cours d’eau d’Amérique du Sud. Il serpente sur plus de 2500 kilomètres, prenant naissance dans le Mato Grosso pour se jeter dans le fleuve Paraná en
Argentine. Traversant le Brésil, la Bolivie et le Paraguay, auquel il a donné son nom, le Río Paraguay se caractérise par une pente extrêmement faible. En moyenne, sa dénivellation n’atteint que
5 à 6 centimètres pour chaque kilomètre. On comprend donc que le débit soit très lent et que les eaux originaires d’Amazonie mettent plusieurs années pour atteindre l’océan Atlantique. De
nombreux méandres contribuent à ralentir encore les flots nonchalants du Paraguay. Cette lenteur inhabituelle a contribué à créer une immense zone humide nantie d’une faune et d’une flore
originale le long de ses berges : le Pantanal.
Le goût du piranha
Manger ou être mangé, ainsi va la vie dans la jungle selon la tradition. Le piranha, symbole de voracité extrême, ne fait pas exception à la règle. Ce petit poisson aux dents très aiguisées
figure au menu d’animaux comme les caïmans ou les loutres. Et bien sûr le touriste en vadrouille. En effet, sa chair délicate fait les délices des connaisseurs et constitue un incontournable pour
l’étranger à la recherche de sensations fortes.
A bord du train de la mort
A cheval entre la Bolivie et le Brésil, le Pantanal ne pose pas de problèmes d’accessibilité au touriste qui vient de l’est. Des routes bien entretenues et des cars modernes relient les grandes
métropoles à Corumba. Par contre, pour qui vient de Bolivie, il faut emprunter le tren de la muerte. Ce chemin de fer a acquis son surnom à cause des brigands qui autrefois rançonnaient les
voyageurs. Aujourd’hui, les attaques ont cessé, mais le trajet reste mémorable grâce aux paysages défilant pendant près de 24 heures.
Boussole
Comment y aller ?
Premier étape : rejoindre l’Amérique Latine. Ensuite, deux variantes : les plus aventureux prendront le train de la mort depuis Santa Cruz en Bolivie. Les plus pressés préféreront
l’avion ou le bus au départ de Rio ou de Sao Paolo.
A quelle époque ?
De décembre à mai, toute la région baigne sous trois mètres d’eau. La décrue commence en juin et se transforme en quasi sécheresse avant que ne reprenne la saison humide.
Où se loger ?
Le Pantanal regorge de lodges écologiques ou de campements appelés posadas qui proposent à leurs visiteurs des séjours de trois ou quatre permettant de découvrir –en bateau, à cheval ou à pied-
la région.
Cet article est paru dans le 20 Minutes (édition suisse) du 11 septembre
2008.
Par Alexandre Truffer
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Publié dans : Amérique du Sud
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